La poste dans l'Antiquité

              La distribution du courrier remonte à plusieurs milliers d’années avant Jésus Christ. D’abord en Chine, puis en Assyrie et enfin en Egypte.

L’histoire de la poste se développe avec le fondateur de l’empire Perse, le roi Cyrus qui avait installé et inventé vers 500 avant J-C les premiers relais de poste appelés "angaréion" sur les routes de son empire. Hérédote, historien grec du V siècle avant J-C écrit :

"Pendant ces préparatifs, Xerxès dépêcha un courrier en Perse pour y porter la nouvelle de son malheur actuel. Rien de si efficace parmi les mortels que ces courriers. Voici le système qu'ont inventé les Perses. Autant il y a de journées d'un lieu à un autre, autant, dit-on, il y a de postes avec un homme et des chevaux tout prêts, que ni la neige, ni la pluie, ni la chaleur, ni la nuit, n'empêchent de fournir leur carrière avec toute la célérité possible. Le premier courrier remet ses ordres au second, le second au troisième: les ordres passent ainsi de suite de l'un à l'autre, de même que chez les Grecs le flambeau passe de main eu main dans les fêtes de Vulcain. Les Perses appellent ces relais de courriers montés l'angaréion"

 

L'historien Grec, Xénophon cite également l'existence de ces relais dans sa Cyropédie livre VIII chapitre VI :

"Nous connaissons encore une autre invention de Cyrus, appropriée à la grandeur de son empire, et grâce à laquelle il était promptement informé de ce qui se passait même dans les contrées les plus lointaines. S'étant rendu compte de la distance qu'un cheval monté peut parcourir en un jour sans être excédé, il fit construire des écuries écartées de ce même intervalle, y mit des chevaux et des gens chargés de les soigner, et plaça dans chaque relais un homme capable de recevoir et de transmettre les lettres qui arrivaient, de recueillir les hommes et les chevaux fatigués, et d'en envoyer d'autres tout frais. On dit que parfois même ces transports ne s'arrêtent point la nuit et qu'à un messager de jour succède un messager de nuit. On prétend qu'avec cette manière de voyager on va plus vite que les vols des oiseaux. Si cela est exagéré, il est du moins indéniable que de toutes les manières de voyager sur terre, celle-là est la plus rapide. Or il est bon d'apprendre les nouvelles le plus vite possible, pour prendre les mesures les plus rapides possible."

 Ainsi dès 500 avant J.C., on cherche à réduire au temps que possible le temps passé entre la collecte du courrier et sa distribution. Pour mémoire le mot poste trouve son origine dans le  nom "posta" qui désignait la place réservé à un cheval dans l'écurie.

Le poste romaine est le service postal le plus développé et le mieux organisé de l’Antiquité. L’empereur Auguste (63 av. JC / 14 ap. JC) développa considérablement ce service. Les voies romaines présentes tout autour de la Méditerranée et en constante évolution ont permis le transport du courrier. A l'origine pour le déplacement rapide des militaires, des commercants; elles vont être utilisées pour le transport du courrier.

 

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Le Cursus Publicus


           L'empereur Auguste  développa le "Cursus Publicus" (transport public), ce service était à l'origine destiné à l'empereur et aux personnages officiels. Il a été mis en place à de fins militaires ou pour des missions officielles. Pour utiliser ce service, il fallait avoir une lettre de transport ou "Evectio" donnée par l'empereur en personne ou par le préfet de prétoire ou bien encore par un gouverneur de province. Ce service fut très utilisé par les dignitaires romains.  Les charges de fonctionnement très lourdes  devaient être acquittées par les municipes et les villes voisines des routes. Ils devaient fournir les chevaux et les véhicules.  Auguste mit en place des relais de coureurs chargés officiellement de transporter le courrier de stations en stations. Puis il améliora le système et mis en place des relais tout au long des voies romaines :

Les mutationes, de simples relais permettant de changer de chevaux, étaient éloignés de 40 à 50 km.

Entre les mutationes se trouvaient les mansiones tous les 10 à 12 km, C’étaient des auberges où les cavaliers pouvaient manger, dormir et y faire réparer les véhicules endommagés.

Ces relais, qui appartenaient à l'Etat, étaient sous la responsabilité de préfet du prétoire (haut fonctionnaire en charge des provinces), lequel était en charge de surveiller le Cursus Publicus". Dans chaque province, un préfet des transports ou "Prefectus vehiculorum" s'assurait du bon fonctionnement du service.

Les "Tabellarii" étaient des esclaves ou des affranchis, qui transportaient le courrier à pied ou à cheval. Les lettres pouvaient également être véhiculées par des soldats dignes de confiance. Les particuliers assez riche pouvaient avoir un "tabellarii" personnel. Partant de Bretagne, une lettre mettait trois mois pour arriver à Rome.

 Les véhicules utilisés pour le courrier étaient de trois types différents :

Les "rhedae" étaient les véhicules les plus gros,tirés par huit à dix chevaux.

Les "carrucae", voitures plus légères et luxueuses réservées aux patriciens, étaient tractées par deux à quatre chevaux. (Mot à l'origine du mot carrosse).

Enfin les "Birotae" se tenaient sur deux roues attelées à deux ou trois chevaux.

Le transport pouvait également se faire par le "Veredi" directement à cheval monté.

Deux services existaient, le plus rapide, le "velox cursus" se chargeait du transport des personnes et des marchandises, et le plus lent réservé au transport de messages. Suivant l'urgence, les messages pouvaient sur ordre cependant être très rapidement transmis.

La sécurité des routes était assurée par l'armée romaine.

 

 

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